Langue française

  • Dans cet ouvrage, Rousseau cherche les conditions de la meilleure société possible, en prenant "les hommes tels qu'ils sont et les lois telles qu'elles peuvent être.

  • Édition enrichie (Présentation, notes, commentaire de l'oeuvre, chronologie et bibliographie)La plus dure et la pire des contraintes qu'exerce la société réside dans cette puissance qu'elle acquiert non seulement sur nos actions extérieures, mais aussi sur tous nos mouvements intérieurs, sur nos pensées et nos jugements. Ce pouvoir entame toute forme d'autonomie, de liberté et d'originalité de jugement ; ce n'est plus nous qui pensons et jugeons, mais la société qui pense en nous et pour nous. Nous sommes alors dispensés de toute recherche de la vérité, elle nous est glissée dans la main comme une pièce de monnaie déjà gravée. Rousseau décrit cette situation intellectuelle dans son premier écrit philosophique : le Discours sur l'inégalité.
    Ernst Cassirer.
    Publiés respectivement en 1750 et 1754, les deux Discours répondent à des questions posées par l'académie de Dijon. Le premier - le Discours sur les sciences et les arts - eut un retentissement considérable et valut une immédiate notoriété à Rousseau. Le second - le Discours sur l'inégalité - s'est imposé comme l'un des grands traités de la philosophie politique moderne, suscitant d'innombrables commentaires. Dans des pages désormais classiques, Rousseau jette en philosophe les bases de sa doctrine, notamment l'idée fameuse que tous les maux et les inégalités entre les hommes relèvent d'une seule et même cause : la vie en société.
    Commentaires et notes par Gérard Mairet. 

  • Edition enrichie (introduction, notes)Ces six premiers livres sont le récit de formation du jeune Jean-Jacques, orphelin de mère et fils d'un modeste horloger genevois. Nous retrouvons ici les scènes fameuses que Rousseau a choisies pour nous donner à lire sa nature véritable : la fessée de Mlle Lambercier, le ruban volé, la rencontre avec Mme de Warens, mère et maîtresse tout ensemble... D'aveu en aveu, de découverte en découverte, l'écrivain se peint comme il se voit et comme il veut que nous le voyions. Dans Les Confessions, qui paraissent en 1782, quatre ans après la mort de leur auteur, un territoire tout personnel s'invente où, à l'écriture de l'aveu, viennent se mêler la fantaisie du romancier, le souvenir des vieux mémoires d'aristocrates, sans oublier le goût du siècle pour les romans-mémoires : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple », écrit Rousseau, et ce qu'il inaugure en effet, c'est un genre littéraire nouveau, celui de l'autobiographie, dont le mot même n'apparaîtra que cinquante ans plus tard.Nouvelle édition 2012.Édition de François Raviez.

  • Projet fou, impossible : se peindre « dans toute la vérité de sa nature », afin de mettre un terme aux malentendus. Mais aussi, par delà, réaliser cette « communauté des coeurs » que Rousseau a si ardemment désirée. Ainsi, de juges, les lecteurs tendent, insensiblement, à devenir confidents.

  • Edition enrichie (notes, dossier, chronologie, bibliographie)Solitaire désormais détaché du monde, le Rousseau de ces six derniers livres est toujours en quête de son Moi, mais un autre combat le mobilise aussi : comme les éditions pirates de ses livres ont forgé à ses yeux une fausse idée de sa personne, c'est à se réhabiliter qu'il vise ici, dans une tentative désespérée pour dessiner et imposer sa vraie figure. Face à ses ennemis tapis dans l'ombre, il se met à nu pour ne pas jouer leur jeu, et, pour leur échapper, se montre tel qu'il est. Alors que, dans la première partie des Confessions, il s'attachait à mieux se comprendre et se donner à comprendre par une série de scènes emblématiques, ce qui se découvre ici, c'est l'écrivain qui se croit persécuté, l'homme traqué qui ne trouve la paix que parmi les fleurs des champs, l'éternel expulsé qui s'ouvre à la légende. Et s'il va vers la mort, c'est dans la recherche de l'harmonie qui se puisse établir entre une image de soi constamment haute et les misères de son destin.Nouvelle édition 2012.Édition de François Raviez.

  • Edition enrichie (Présentation, notes, commentaires, repères biographiques et bibliographie)« L'enfer du méchant est d'être réduit à vivre seul avec lui-même, mais c'est le paradis de l'homme de bien, et il n'y a pas pour lui de spectacle plus agréable que celui de sa propre conscience. » C'est dans cet état d'esprit, mais aussi pour justifier son choix de la « retraite » - si singulier pour les hommes des Lumières -, que Rousseau, en janvier 1762, rédige ces quatre lettres à Malesherbes. Premier texte autobiographique du citoyen ermite, « sommaire » des Confessions, ces lettres sont rarement éditées pour ellesmêmes : elles concentrent pourtant les grands thèmes de la pensée de Rousseau et constituent un excellent moyen d'aborder son oeuvre. Sainte-Beuve considérait qu'il n'avait « rien écrit de plus beau ».

  • Le rousseauisme a nui à la réception de la philosophie de Jean-Jacques, qui avait une conception de l'homme et de la société plus nuancée que celle que lui a prêtée la postérité. C'est ce que nous dévoile admirablement deux lettres méconnues du Genevois qui résument très efficacement sa philosophie politique avant qu'il n'écrive Du contrat social et L'Émile. En 1755, il expose à un naturaliste suisse qui a pour nom de plume Philopolis (Lettre à Philopolis) les principes de vertu que requiert de tous les hommes l'état social, laborieux, forcément laborieux collectivement. En 1757, dans une lettre oubliée (Lettre sur la vertu), il revient sur le passage de l'état de nature à l'état social, et la transformation de la bonté naturelle en un nécessaire rapport à autrui. La vertu et le souci du commun ont une place centrale. On est bien loin de l'idée réductrice propagée ensuite par l'individualisme : la société, c'est mal !

  • Fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel, dont les imperfections seraient réparées et les capacités améliorées. Telle est l'ambition du mouvement transhumaniste, qui prévoit le dépassement de l'humanité grâce à la technique et l'avènement prochain d'un " homme augmenté " façonné par les biotechnologies, les nanosciences, la génétique. Avec le risque de voir se développer une sous-humanité de plus en plus dépendante de technologies qui modèleront son corps et son cerveau, ses perceptions et ses relations aux autres. Non pas l'" homme nouveau " des révolutionnaires, mais l'homme-machine du capitalisme.
    Bien que le discours officiel, en France, résiste encore à cette idéologie, le projet technoscientifique avance discrètement. Qui impulse ces recherches ? Comment se développent-elles dans les champs médicaux, militaires et sportifs ? Comment les débats démocratiques sont-ils éludés ? Et comment faire face à des évolutions qui ne feront que renforcer les inégalités ? Surtout, quel être humain va naître de ces profondes mutations, de ces expérimentations brutales et hasardeuses sur notre espèce, dont l'Homo sapiens ne sortira pas indemne ?
    Jacques Testart, biologiste, est le père scientifique du premier bébé-éprouvette français né en 1982. Il développe une réflexion critique sur les avancées incontrôlées de la science et de la technique dans ses nombreux écrits, dont Faire des enfants demain, Seuil, 2014 et L'Humanitude au pouvoir, Seuil, 2015.
    Agnès Rousseaux, journaliste, coordonne le média indépendant Basta ! (www.bastamag.net) suivi par plus d'un million de lecteurs chaque mois. Elle a codirigé Le Livre noir des banques (LLL, 2015).

  • Le 1er novembre 1755, un séisme suivi d'un raz-de-marée et d'un incendie ravage la ville de Lisbonne (Portugal). On dénombre 50 000 victimes. Cette catastrophe marque les consciences et suscite un débat philosophique à travers toute l'Europe : un tel drame est-il le fruit de la colère divine, donc de la Providence ? Voltaire voit dans cette manifestation naturelle l'occasion de réfuter les thèses optimistes proposées par Leibniz dans la Théodicée, Tout est bien ! Or, pour Voltaire, non seulement la souffrance des hommes est inacceptable, mais cette thèse est synonyme d'un danger redoutable, le fatalisme et son cortège de superstitions ridicules. Voltaire envoie son poème sur la Loi naturelle et la Providence à un Rousseau qui vient de faire parler de lui avec son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité. Rousseau est irrité passablement par le tableau misérabiliste. Par réaction, il se pique de défendre Leibniz. Il lui fait un procès en désespérance de l'humanité : l'homme souffre un destin injuste par la Nature. C'est le début de la brouille définitive et de la haine des deux hommes.

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